comment-lire-etiquette-bouteille-vinDepuis plusieurs générations, la famille Raymhnd est viticultrice à Saint-aurent-du-Bois.

En 1983, Jean-Pierre, le père, reprend la propriété familiale. En quelques années, sa superficie passe de 25 à 70 hectares. Son fils, Lionel, a son avenir tout tracé. Et bien non ! Comme beaucoup de gens de son âge, il choisit une vie diamétralement opposée. A 26 ans, son parcours est quelque peu atypique.

Bac E en poche, il décide de suivre la filière « normale » Maths-sup, Maths-spé. Il est ensuite admis à l'école nationale des Arts et Métiers de Bordeaux. Pendant plusieurs années vont alors alterner, pour lui, stages et étndes. Les possibilités intéressantes de séjour en entreprise ne sont pas légion en
France. Lors d'un voyage au Mexique il va tomber amoureux du continent sud-américain. En 1996, il se retrouve au Venezuela, travaillant pour Géo-Service, une firme pétrolière. Cela va durer six mois.
Retour en France pour la dernière année d'études.

En 1997, il n'en peut plus. L'appel de l'Amérique avec un voyage au USA est trop fort. Il doit repartir. C'est dans la filière bois, cette fois-ci, au Chili puis en Argentine, que le jeune ingénieur projet va commercialiser des scieries clé en main. Après un court séjour en Espagne, pour le compte du groupe Saiea— fabricant de carton ondulé —, c'est le retour au pays avec la mission de redynamiser une unité de production. Quelques mois plus tard, la réussite est totale. Grosse promotion à Dijon. Tout va se gâter pourtant. Un accord sur des questions matérielles ne pouvant être trouvé avec ses employeurs, Lionel claque la porte.

A L'EST, UN MARCHÉ PORTEUR

Retour en Gironde. Son père, propriétaire viticole, lui propose d'intégrer la société de négoce familiale. Son rôle : « Développer la société et apporter toute son expérience du marketing' international », dit le jeune homme, avant d'ajouter : « Mon principal objectif est de commercialiser l'intégralité
de la production en bouteilles de vin.


D'une part, en France en se servant de tous les clients de distribution et, ensuite, à l'étranger. Exactement ? Dans le monde entier. Mais en tenant compte d'un certain cheminement, mon père a déjà développé un réseau important en Europe du Nord. Nous nous sommes implantés depuis peu en Thaïlande, nous allons nous en servir de tremplin pour créer un réseau de distribution à travers toute l'Asie. De mon côté, grâce à mes connaissances, c'est vers l'Amérique du Sud que je vais me tourner, sans oublier, bien entendu, le marché nord-américain qui est incontournable.


Ajouter à cela une vue sur les pays de l'Est où le marché va être porteur d'ici peu. Et nous avons fait le tour » Pas tout à fait car Lionel se veut polyvalent : « II n'est pas question de dissocier la culture de la vigne de la commercialisation. » II souhaite être « un viticulteur à part entière » et comme pour le démontrer, il vient d'acquérir une propriété, Ce n'était pas prévu si tôt, mais l'opportunité s'est présentée : « Je ne pouvais pas l'a laisser passer d'autant plus que cette vigne produit du vin biologique », explique le nouveau viticulteur. Le cahier des charges bio étant très draconien, Lionel pense que cela va l'amener à travailler sur une culture raisonnée sur le reste de la propriété sans être bio à 100 . Ce qui ne peut être que bénéfique quand on sait à quel
point le consommateur est friand de traçabilité, et comme il ne veut rien faire à moitié, il s'est inscrit à l'école viticultrice de Gironde-sur-Dropt pour devenir «jeune agriculteur à parts entières ». Et de conclure : « Pendant ces années passées loin de chez moi, je savais qu'un jour je reviendrais sur la terre de mes ancêtres. »